Claude Steiner – archives

CaptureJe raconte souvent l’histoire des chaudoudoux de Claude Steiner, et je fais souvent référence à son livre « des scénarios et des hommes », un peu moins souvent à ses travaux sur la thérapie de l’alcoolisme.

En recherchant l’histoire en français, j’ai réalisé que son site avait disparu. Il y mettait à disposition beaucoup d’articles intéressants, dans différentes langues.

Claude Steiner est décédé en janvier 2017.

Certains textes restent consultables en ligne, j’ai copié toutes les pages pour les rendre accessibles et m’assurer qu’elles resteraient disponibles dans les liens suivants.

Tous les liens sont visibles dans le premier document: 2 TRANSACTIONAL, il vous suffit de cliquer sur les liens pour avoir accès au matériel. S’il se trouvait que ce matériel disparaisse de ce site, voici tous les liens sauvegardés dans des documents word.

2 TRANSACTIONAL ANALYSIS IN THE INFORMATION AGE

Concepts Fondamentaux de L analyse transactionnelle    2 A Compilation of Core Concepts

2 TA MADE SIMPLE

2 This letter

2 September 24, 1998

2 A Meditation on the Adult and its Corruption

2 Keynote lecture at the 3rd Adolescence Health Conference at the Royal College of Physicians in London

2 Claude Steiner presidential plattform

2 links

Warm-Fuzzy-Tale

et directement du site de l’auteur que j’ai fini par retrouver :

2 A Warm Fuzzy Tale 2 EMOTIONAL LITERACY TRAININg 2 Emotional Literacy; Heart-Centered Intelligence. 2 I do my thing 2 Learning Emotional Literacy 2 Learning To Love 2 links 2 livres en français 2 My latest book Emotional Literacy 2 Notes for Philosophers 2 Principles of Radical Psychiatry (1985 revision) 2 Questions and Answers 2 Radical Truth Telling 2 Stroking What_s Love Got To Do With It 2 The Adult Once Again with Feeling 2 The Emotional Awareness Scale 2 The Meming of Love 2 THE SELF HATE BOOK 2 THE STROKE ECONOMY AND OPENING THE HEART 2 What is the Difference Between Emotional Intelligence 2 What_s Love Got to Do With it Opening the Heart 2 You_re Dying 5 Apology the Transactional Analysis

Bettelheim libération pourquoi cette haine

הנכרי והגר במקרא

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Séance 1 / Ecoute Mutuelle Bruxelles

Voici les notions que nous avons abordées au cours de cette première rencontre.

Pour des raisons pratiques, cette séance était à la fois une séance d’introduction et un cours. Du matériel théorique et des entretiens personnels ont permis aux participants de se préparer.

Documents distribués à télécharger:

  1. Compétences Co-conseil cours des fondamentaux (doc) ou PDF
  2. Plan d’une session, règles fondamentales et confidentialité
  3. Une définition du CCI

Pour info, le document 1 est extrait d’un très intéressant manuel ce Coconseil que vous pouvez consulter en ligne: Le manuel de Celia Wilson et John Talbut

Je vous redonne ici le contexte ainsi que leur définition en co-conseil.

On pourrait définir trois niveaux d’intégration des notions: 1 – si vous avez compris en théorie, 2 – si vous savez l’appliquer en tant qu’Ecouté ou de façon passive, 3 – si vous savez l’appliquer en tant qu’Ecoutant ou en tant qu’enseignant.

Les participants sont invités à reprendre les notions et à s’auto-évaluer sur les notions en mettant 1, 2 ou 3, et à poser leurs questions, de façon à valider cette rencontre comme premier cours du cursus.

Les types de travail:

Théorie: Les temps de théorie sont des moments d’exposés des principes du co-conseil. Nous en avons eu plusieurs.

Mini-session: Nous avons fait une mini-session de 5 minutes par personne.

Cercle: Nous avons travaillé en cercle, et utilisé une technique où l’Ecouté s’adresse à chacun.e à tour de rôle.

Démonstration: Nous avons fait une courte Démonstration de 15 minutes, suivie d’une valorisation et d’un dialogue sur les techniques utilisées.

Les éléments du travail à deux ou en groupe:

Règles de bases, la confidentialité: Nous avons évoqué le principe de confidentialité et son fondement logique: le statut particulier de la parole en conconseil, le fait qu’on parle pour travailler et non pas pour transmettre une information.

Les contrats: Nous avons mentionné les trois contrats possibles: écoute sans intervention, écoute avec quelques suggestions, écoute directive. Chacun a expérimenté une mini-session en contrat sans interventions, ainsi qu’une écoute plus ou moins dirigée de ma part dans les Cercles et dans la Démonstration.

Thématiques des sessions: Nous avons eu des sessions thématiques diverses.

Le droit de dire « non »: A été affirmé à travers la liberté de se saisir ou non des thématiques proposées, et de la liberté ou non de poursuivre ce temps de formation.

La restimulation en tant qu’Ecoutant a été évoquée à travers le fait d’écarter les interférences en tant que conseiller et le droit de quitter le groupe pour une mini session avec l’assistant.e si nécessaire.

Ce qui me préoccupe le plus : C’est une thématique de session possible. Il s’agit de travailler sur ce qui est au sommet de nos préoccupations à un moment donné. Certains ont utilisé le temps du cercle de cette façon.

L’Ecouté est responsable: Ses sentiments et son temps lui appartiennent. Il prend la responsabilité du travail.

Commencer et finir une session / Délimitation du temps : Nous avons parlé de l’importance de délimiter la session pour la détacher de la « vie réelle », de l’ouverture avec un travail de rattachement à ce qu’il y a de bon dans os vies (nouveau et bon), la la délimitation du temps avec un minuteur, de la conclusion avec un retour au temps présent.

L’équilibre de l’attention: Nous avons évoqué à plusieurs reprises l’importance d’avoir conscience à la fois de la détresse et de la sécurité, à la fois du traumatisme et de la confiance dans le fait qu’on peut le surmonter, équilibre qu’il appartient à l’Ecouté et à l’Ecoutant de protéger ensemble.

Renforcer l’équilibre de l’attention en renforçant la sécurité:

Validation: Nous avons fait un tour de validation de la personne écoutée pendant la Démonstration. Cet exercice est important car il permet à ceux qui ont écouté de s’appliquer à voir ce qui est positif chez les autres, qu’il permet à celui qui a travaillé de retrouver un équilibre après une prise de risque de de s’habituer à recevoir des compliments, à ceux qui se lanceront les prochaines fois de se sentir en sécurité.

L’acceptation sans jugement: a été expliquée et travaillée dans l’un des Cercles.

La « bonne réalité »: Nous avons évoqué l’axiome selon lequel la réalité nous permet la réalisation de nos projets par principe, que dans la vie courante nous pouvons être sans cesse en bonne condition pour prendre les meilleures décisions et agir rationnellement de la façon qui nous convient en en prenant la responsabilité. Nous avons parlé des débuts de rencontre avec un « nouveau et bon ».

Nouveau et Bon: Cercle dans lequel chacun partage une chose nouvelle dans sa vie, qui lui apporte du bonheur et de la satisfaction.

Renforcer l’équilibre en soutenant le lien avec la « détresse »:

Répétition: Le fait de répéter des mots pour se familiariser, pour voir combien on peut y adhérer ou combien on veut s’en démarquer, pour renforcer le travail émotionnel. Nous l’avons constaté en tant que groupe comme une « direction » que j’ai proposée à la personne qui a travaillé au cours de la Démonstration, et également dans le cercle avec certains des participants.

Jeu de rôle: Le fait d’attribuer un rôle à l’Ecoutant pour travailler une situation, essayer des paroles que l’on n’oserait pas forcément en réalité, s’autoriser à les rendre plus extrêmes en session pour travailler l’impact émotionnel, les peurs ou les résistances qu’elles suscitent en nous, s’en libérer et adopter finalement une attitude appropriée en fonction de nos nouvelles ressources.

Structure du CCI et vision humaniste:

La parité/ Le CCI: Nous avons évoqué la parité et l’auto-gestion en conconseil, et parlé des différents groupes au niveau international et de leur organisation.

Ecoute Mutuelle séance 1 à Bruxelles ce dimanche!

Lorsqu’on découvre la méthode du co-conseil et qu’elle change votre approche du monde, on souhaite pouvoir en profiter longtemps et grandir avec elle.

J’ai appris et enseigné la méthode en Israël, avant de déménager en Belgique, puis en France, où la méthode n’est pas représentée.

L’année dernière, ma vie m’a permis de prendre un peu de recul et de me lancer pour enseigner la méthode à Paris dans le cadre de l’Ecole des Apprentis-Sages et pour retrouver la méthode à travers un rassemblement national du CCI.

Cette année a été bien chamboulée également, mais me voici enfin en mesure de donner une chance à la transmission.

L’une des beautés de la méthode est que certaines personnes n’ont pas besoin de plus de quarante heures pour être elles-mêmes prêtes à enseigner en tant qu’assistant puis en tant qu’enseignant. Ainsi, une chaîne de savoir écouter peut se créer et se diffuser rapidement. Le simple fait d’être écouté dans la vie change énormément de choses, chacun et chacune devrait avoir cette chance. Ecouter et être entendu sont des besoins presque aussi essentiels que respirer ou manger. Qui voudrait vivre dans un monde où le « sound of silence » domine?

Dans ce cadre, deux événements vont initier une chaîne de la transmission en co-conseil avant l’été, et, si les participants le souhaitent des formations des notions de bases en 40 heures vont se mettre en place sous des formats divers.

C’est assez ouvert pour l’instant, car le projet sera pris en main également par les participants.

Quoi qu’il en soit, c’est une belle aventure, qui nous mènera un peu plus loin – ou beaucoup.

Rencontres: le dimanche 10 juin à Bruxelles dans la matinée, et le mercredi 4 juillet à Paris dans la soirée.

Pour avoir des informations, laissez vos coordonnées en réponse à cet article, le site est protégé et seule moi-même en aurai connaissance.

 

Ecoute Mutuelle: le rôle de l’assistant

Un Emeur travaille à être toujours dans la « bonne réalité », en contact avec le plaisir d’exercer sa liberté de choix et d’action dans un monde qui a tout pour le satisfaire. Les sentiments qui s’opposent à cette attitude sont travaillés dans les sessions. L’enseignant en coconseil doit évidemment donner l’exemple.
L’assistant permet au formateur d’obtenir le soutien dont il a besoin pour rester au plus près de cet idéal.
Le rôle de l’assistant est différent pendant le temps de formation et entre les rencontres, il a un aspect organisationnel et un aspect pédagogique

Organisation entre les séances

  1. rappeler aux participants la prochaine session
  2. collecter la participation aux frais
  3. appeler les participants absents pour prendre de leurs nouvelles, vérifier s’il y a un soucis, et les mettre au courant de ce qui s’est passé.

Rôle pédagogique entre les séances:

  1. préparation de la prochaine séance avec le formateur
  2. préparation du matériel nécessaire
  3. échanger du temps en session avec les étudiants

Rôle d’organisation pendant les séances:

  1. préparation de la salle avec les élèves dont c’est le tour
  2. suivi de la liste de l’aide des participants à l’installation de la salle
  3. collecte de toutes les informations nécessaires et réalisation du trombinoscope
  4. collecte de la Participation Aux Frais
  5. tenir la liste des présence des participants

Rôle pédagogique pendant les séances:

  1. donner l’exemple de l’attention bienveillante demandée des participants
  2. vérifier le positionnement du formateur et lui proposer du temps pendant la séance s’il pense que cela peut être utile
  3. vérifier le positionnement des étudiants, si nécessaire, en donner un feedback au formateur, si nécessaire, proposer du temps à un étudiant
  4. compléter la théorie avec l’accord du formateur, poser des questions au formateur, donner lui-même un sujet de théorie
  5. prendre en charge l’un des groupes en cas de travail en petits groupes
  6. aider à l’optimisation du timing, se concerter avec le formateur.

Soyez un leader!

L’Ecoute Mutuelle considère que nous sommes tous leaders par nature. Nous assumons la responsabilité de nos vies et de tout ce qui se déroule dans nos vies, et nous sommes capables de prendre des responsabilités au niveau collectif.

Le co-conseil voit en chacun.e un leader à 100% de sa vie, qui fonctionne socialement parfois en proposant un chemin parfois en le suivant.
Dans cette optique, le leader en co-conseil ne peut pas être « critiqué ». De la même façon, le leader ne peut pas oppresser. Dans une certaine situation, l’un.e d’entre nous exerce certaines responsabilités qui justifient que le leader dirige et que les autres le suivent, dans la mesure de leur désir. Cette position n’est pas toujours assurée par la même personne, il y a un leadership tournant.

Le leader prodigue une attention globale au groupe, et donne beaucoup d’énergie.
En contrepartie, le groupe soutient le leader et respecte la prise de risque qui est la sienne, et l’encourage.
Dans un enseignement de co-conseil, le principal soutien du leader est l’assistant. Le soutien au leader lui permet de ne pas faire subir ses zones d’ombre ou ses sentiments non gérés au groupe, et de faire face de façon idéale au stress que peut représenter la responsabilité du leadership. La position de leader peut réveiller et re-stimuler des blessures anciennes et donner ainsi l’occasion de décharger et de réévaluer.

Lorsqu’on s’ennuie, qu’on veut critiquer, qu’on se renfrogne, on est dans la négation de son propre leadership. En effet, le postulat du co-conseil est que chacun.e est libre et responsable et capable de faire ce qui est le mieux pour lui-même et pour le groupe. Si on est tenté de critiquer, on prend du temps pour exprimer sa frustration, identifier les expériences passées et les croyances qui nous empêchent de profiter de la beauté du leader en action et de lui exprimer le soutien nécessaire à ce que son leadership nous convienne mieux. De la même façon, si on est fatigué, on est responsable de se reposer avant les cours, ou de s’installer dans une position confortable et reposante pendant les sessions. Si on a besoin d’attention en raison de l’une ou l’autre difficulté par rapport à la théorie, on est responsable de la demander et dans un bon groupe de co-conseil, il y aura toujours quelqu’un pour proposer son soutien, une mini session, un hug… Enfin, si on a des choses à transmettre d’une façon différente de celle de l’enseignant actuel, on prend ses responsabilités, on décharge sur ce qui peut constituer un obstacle, on acquiert les compétences nécessaire et prend en main un leadership actif en montant ses propres projets, dans le respect de l’intérêt de la communauté du co-conseil.

Cette vision du leadership est opposée à une vision trop répandue dans laquelle le leader est par nature un oppresseur, que l’on attend au tournant et que l’on critique, et qui en retour utilise tous les moyens à sa disposition pour faire taire les critiques et garder le pouvoir. Le leader n’est pas celui qui est fort et oppressif mais celui qui fait le travail nécessaire pour que tout se passe bien dans le groupe et qui en prend soin, avec la participation active des autres membres du groupe.

Potentiellement, tout le monde est amené à exercer son leadership et le circuit normal du co-conseil est que les élèves du cours de base deviennent ensuite assistants avant de prendre un rôle d’enseignant. Les enseignants deviennent également les assistants de leurs élèves pour les soutenir dans leur leadership. Puis une section de co-conseil se constitue, avec des classes du cours de base, des groupes de travail-de soutien contre les oppressions, des rencontres à thème, etc… Il existe des rencontres internationales qui permettent de partager les expériences acquises et de poursuivre sa progression tout en se soutenant dans notre action pour un monde meilleur. D’une façon générale dans le co-conseil, le leadership s’exerce de façon collective et collaborative, avec des délégations et des prises de responsabilité sur l’un ou l’autre projet. Et chacun.e est appelé à se souvenir qu’il exerce en permanence l’entier leadership sur chacune des expériences de sa vie…

Le travail contre les discriminations en Ecoute Mutuelle – L’oppression

Pour bien comprendre la notion d’oppression, il faut d’abord rappeler ce qu’est la « dés-identification ».
Lors d’un traumatisme passé non géré émotionnellement où certaines personnes ont été impliquées, nous avons pu faire des connections émotionnelles ou neuronales entre le traumatisme et certaines caractéristiques de ces personnes.
Prenons un exemple: Celui qui nous a agressés portait des lunettes ? Nous somme tendus vis-à-vis de tous les porteurs de lunettes. C’est injuste pour nous, car notre souffrance est ravivée sans raison, et pour la personne, parce que le porteur de lunette souffre de ce rapport perturbé et de la projection de nos sentiments du passé à son égard.
Nous nous devons à nous-même comme pour lui de travailler pour « dés-identifier » les porteurs de lunettes à notre agresseur passé. Ceci n’est qu’un exemple, il faut repérer tous ces types de situations et les travailler en session. Cela fait partie de l’éthique du co-conseil. Un traumatisme passé ne doit pas nous empêcher de considérer la beauté de l’humanité de quelqu’un. On ne peut pas juste « faire semblant de rien » car cela se sent, et notre crispation risque de provoquer des répétitions et un renforcement de l’identification. Il porte des lunettes, je suis crispée, mon interlocuteur le perçoit, ça se passe mal, un nouveau traumatisme s’ajoute au précédent, etc…

L’oppression c’est lorsqu’à un niveau global, une société identifie certaines personnes à des caractéristiques qui les limitent. Les femmes sont fragiles, les hommes sont forts, les enfants sont capricieux, les vieux sont réactionnaires, etc…
Ce sujet est essentiel car le co-conseil milite pour un modèle social qui se débarrasse des stéréotype et permet à chacun d’être considéré dans toute la beauté de son humanité. Or, nous en sommes loin. Donc, il faut s’y mettre. La première étape est de prendre conscience que nous ne sommes pas exempts de préjugés. J’avais parlé d’un petit film sur youtube à ce sujet, et vous pouvez le trouver ici sur ce lien: majorité opprimée.

Pour lutter contre l’oppression, on peut vouloir travailler en format « groupe de soutien ».
Il peut-y avoir par exemple des groupes de soutien « hommes » et « femmes ». Le groupe permet de de soutenir dans les problématiques partagées. D’une certaine façon, toutes les femmes ont certains types de problèmes, et tous les hommes également, car nous vivons dans une société qui est marqués par certains stéréotypes. Mais croire que ces problématiques sont « absolument spécifiques » serait une erreur. En fin de compte, il est très important de faire l’expérience inverse : toutes les détresses des êtres humains sont communes et parentes, et nous sommes tous bien placés pour nous entre-aider.
Pour reprendre l’exemple de l’agresseur à lunettes, un co-conseiller sans lunette sera bien placé pour me soutenir en accentuant mon sentiment de sécurité mais un co-conseiller à lunettes sera bien placé pour me remettre en contact avec le point précis de la douleur et pour m’apporter la contradiction. Si un co-conseiller à lunettes m’écoute avec douceur exprimer combien j’ai peur de tous ceux qui portent des lunettes, c’est très fort. Encore une fois, c’est à celui qui veut travailler de chercher les meilleurs conditions pour la décharge et le travail émotionnel.

De la même façon un groupe de femmes peut travailler l’autorité et la puissance à l’intérieur du groupe pour se sentir en confiance, puis s’appuyer sur la communauté du co-conseil dans sa globalité, hommes y compris, pour vérifier que les hommes aussi bien que les femmes apprécient de voir un autre être humain, homme ou femme, faire preuve de sa détermination.
Les groupes séparés sont importants tant qu’ils reste des groupes « pour » la libération et non « contre » d’autres groupes, « pour » renouer avec le sentiment de partage entre tous les êtres humains.
Ce sont des groupes « pour » l’ « action et le changement » et non des groupes axés sur la plainte et la lamentation.
Les groupes gardent à l’esprit l’idée du « monde généreux » et de la respectabilité et la liberté de tous les êtres humains.

L’oppression sociale a un impact particulier sur la personne qui la subit, il est important de reconnaitre cette spécificité. En effet, le problème ne sera réellement totalement résolu qu’une fois que toute la société ce sera soignée de l’ « identification » fautive. En attendant, il est important de s’entre-aider pour éviter la victimisation de ceux qui la subissent, éviter qu’ils ne se sentent isolés.

La société définit certaines de nos qualités comme nous plaçant en position « dominante » ou « dominée ». Être adulte est considéré comme « dominant » par rapport à être enfant qui est une position « dominée ». Être un homme est dominant par rapport à être une femme, être blanc par rapport à être de couleur, être bien portant plutôt qu’handicapé, etc…
Il est important de prendre conscience que nous appartenons à différentes catégories selon les critères observés. La question ici est celle des difficultés objectives imposées par la société. Si on est plus contrôlé dans le métro que d’autre, la caractéristique correspondante est « dominé », si on a plus de mal à obtenir un travail ou un logement, les caractéristiques sont « dominées ».

Il est facile de savoir en quoi nous sommes dominés, car nous avons conscience des discriminations mises en place à notre encontre.
Il est plus difficile de repérer quand nous sommes en position de dominant, car l’absence de discrimination nous semble normale, et que nous n’avons pas naturellement conscience des discriminations subies par les autres.
Il nous appartient de lutter dans notre vie quotidienne contre les oppressions que nous subissons en raison de nos caractères « dominés » et de lutter contre les oppressions dont nous sommes consciemment ou inconsciemment la cause en tant que dominants ». Il nous appartient à un niveau sociétal de lutter contre toutes les discriminations.

Pourquoi rouvrir les vieilles blessures?

Avons-nous vraiment besoin de travailler nos émotions?
Après tout, à certains moment de nos vies, tout semble aller plutôt bien. On peut avoir des réticences à engager un travail émotionnel. Ces réticences sont surtout présentes quand on ne maitrise pas la décharge émotionnelle, qu’on n’a pas encore apprivoisé les pleurs, le rire, le tremblement, la colère, et qu’on est encore prisonnier des stéréotypes et des verrous posés dans notre enfance. Une fois que ces obstacles sont dépassés, le plaisir de l’écoute bienveillante de l’autre, de la décharge, de la réévaluation, et du sentiment d’avancer prennent le dessus, et toute occasion de travailler est envisagée comme une opportunité à saisir absolument.
Mais dans un premier temps, dépasser ces résistances demande une certaine énergie, et il est important de savoir pourquoi cette investissement d’énergie en vaut la peine.

Quand on est blessé émotionnellement, il y a deux possibilités :

1 Lorsque quelque chose nous affecte, on peut « faire avec », travailler en gardant la détresse en « bruit de fond », on s’habitue, on se sent « normal », on a l’impression que tout est « ok ». Cependant, on a contracté de mauvais réflexes. Un adulte battu dans son enfance risque de garder une crispation voire des réflexes de protection lorsqu’on s’approche de lui, alors même qu’il ne s’agit plus de coups depuis des dizaines d’années, mais d’ouverture et d’embrassades. Beaucoup de nos anciens réflexes ne sont plus d’actualité et nous empêchent de profiter pleinement des bonheurs de la vie. Le problème est que l’on ne se rend pas forcément compte de la perte occasionnée par ces habitudes émotionnelles.
On peut détecter cela « en situation normale »: lorsqu’ on se dit que cela va « suffisamment bien » et non pas « merveilleusement bien », c’est qu’on a accepté de faire un compromis sur ce que pourrait être notre vie.
On peut détecter cela en « situation de crise » lorsqu’on se rend compte qu’on sur-réagit à une situation par une réaction émotionnelle intense et disproportionnée. Ces signes nous indiquent qu’on fonctionne en gardant la détresse « en bruit de fond », et qu’on a intérêt à se consacrer davantage à notre « rangement émotionnel intérieur », à prendre du temps pour décharger ces sentiments, explorer leur environnement émotionnel, bref, travailler cela en session.

2 L’attitude prônée par le co-conseil n’est pas de « faire avec » mais de « réparer », s’attarder sur la blessure, prendre le temps de ressentir le type de douleur, l’exprimer, la décharger, et pouvoir ensuite retourner à un « monde généreux » sans nuages.

L’idée est de ne pas faire de compromis, de ne pas « se satisfaire de ce qu’on a », mais de lutter pour obtenir ce que chacun mérite : le mieux du mieux.

En co-conseil, on n’essaie pas d’anesthésier la blessure, on refuse tout ce qui nous aide à « nous calmer », comme par exemple la nourriture. Tout ce qui est utilisé socialement pour éviter d’avoir à faire face aux émotions d’autrui est écarté. Pas de boisson chaude, de chocolat, d’alcool, de distraction.
Si les émotions sont comme un nuage, on fait tout pour permettre à l’eau de se condenser et de se déverser en pluie. On évite au contraire la dilution des émotions qui transformerait le nuage en brouillard diffus, presque invisible, mais qui empêche une perception claire de la réalité.
En diluant le nuage, on est dans le « faire avec », on garde la béquille pour ne pas souffrir du fait qu’on boite, au lieu de nous rendre compte que nous avons les moyens de marcher droit si on se débarrasse des béquilles et qu’on fait le travail de rééducation approprié. De la même façon, en co-conseil, on essaie d’agglomérer les molécules du nuage, pour provoquer la pluie, qui purifie ensuite l’atmosphère.
Marie-Danielle a repris cette notion à la fin en rappelant qu’on essaie de voir le point précis où la souffrance se ressent et qu’on y reste, et qu’on y revient, jusqu’à ce que l’abcès soit crevé. L’image de l’acuponcture a circulé également à ce sujet.

Dans la vie réelle, on n’a pas toujours le soutien dont on a besoin, et dans certaines circonstances, il faut juste assurer. Dans ce contexte, les béquilles, la tentative de « dissiper l’humidité de l’eau », « oublier la souffrance » sont peut-être alors envisageables. Je dis « peut-être » car je pense qu’en fait, en situation de crise, il est plus souhaitable de se réconforter en « co-conseil », de faire une mini-session téléphonique avant une réunion importante par exemple, pour traiter de la difficulté émotionnelle au niveau émotionnel.
Encore mieux, connaissant nos faiblesses, nous pouvons travailler en anticipation de ces difficultés.    Dans le travail du co-conseil lui-même, il est recommandé au contraire de laisser s’exprimer la souffrance. C’est par exemple ce que j’ai fait au cours de notre deuxième rencontre. Avant la démonstration, vous vous souvenez que j’avais eu un bref échange avec Marie-Danielle, pour dissiper ma tension interne et éviter justement de travailler avec la « détresse en bruit de fond », mais au contraire être entièrement disponible au présent et y affecter 100% de mes ressources. Les échanges du formateur avec l’assistant ont d’une façon générale deux objectifs : avoir son opinion pour adapter au mieux le programme et me permettre de décharger rapidement les émotions qui pourraient parasiter le travail du formateur. En déchargeant au lieu de retenir les éléments parasites, le formateur donne l’exemple de la pratique prônée par le co-conseil.

Réapprendre les émotions, leur donner toute leur légitimité et dépasser les peurs constitue un réel travail. A notre sens, il en vaut largement la peine, car les émotions sont le moteur de notre énergie vitale.

Comment j’utilise l’écoute en tant que cliente?

J’aime beaucoup travailler en co-conseil, et lorsque j’en ai l’occasion, je tire le meilleur parti de l’écoute qui m’est proposée.

Cela signifie que je suis très ouverte en moi aux courants émotionnels qui me traversent, et que j’encourage mes réactions émotionnelles. Lorsque je pleure, que je ris ou que je baille, j’essaie de rester sur la même « longueur d’onde », voire de l’amplifier. J’ai souvent beaucoup d’idées sur les directions que je veux me donner à moi-même, et j’essaie différentes possibilités. Il est vrai que mon expérience de coconseil me permet d’avoir une idée de ce qui peut marcher.

En même temps, je suis très sensible à l’écoute de mon conseiller, de mon écoutant. Si j’ai l’impression qu’il ne m’écoute pas, je vérifie, si je crains que le sujet sur lequel je vais travailler lui pose problème, je lui demande si c’est ok. Parfois, je reste en silence car je suis en train de me concentrer sur une attitude ou sur un souvenir de façon interne, et en général je commente cela après pour que mon écoutant ait une idée de ce qui se passe!

Souvent, je demande à mon écoutant de se taire, avec le plus de délicatesse possible, mais beaucoup de conviction, car je souhaite intensément travailler et éviter d’être gênée dans mon travail. Je suis ouverte à quelques directions, et très souvent j’apprécie l’une ou l’autre direction donnée par mon conseiller. Dans ce cas j’y vais avec le plus d’investissement possible.

Quand je rencontre des résistances internes, je les nomme, et j’essaie de ressentir pleinement la tristesse ou la colère appropriées, de me rendre compte combien ces résistances sont graves, puisque elles m’empêchent de travailler.

J’aime avoir une idée du temps qui passe, et savoir combien de minutes sont encore disponibles, pour adapter l’intensité et la direction de ma session. J’aime avoir le temps de prendre l’une ou l’autre décision en fin de session, de prendre note des sujets identifiés sur lesquels je souhaite travailler, ou des actes que je veux essayer dans ma vie pour voir s’ils m’aident à résoudre l’un ou l’autre problème.

J’arrive généralement bien à redescendre. Je suis habituellement très fatiguée en fin de session. Et j’oublie globalement tout ce qui m’a été dit et tout ce que j’ai dit, sauf si j’ai fait un effort conscient pour m’en souvenir.

Voilà, comme je rencontre de nouveaux co-conseillers en ce moment, il me semblait utile de partager ces quelques réflexions. C’est assez personnel, et je vous invite donc à partager votre approche, pour mettre un peu de pluralisme dans les commentaires de cet article!

 

 

Comment utiliser l’Ecoute Mutuelle dans le monde réel?

Nous avons parlé de l’interdit de la socialisation en co-conseil. Cela signifie que le monde réel ne doit pas être introduit dans le co-conseil. L’espace de co-conseil est un espace sécurisé. Mais la réciproque n’est pas vraie. Le co-conseil à une influence sur notre vie quotidienne. Voici quelques idées à ce sujet, n’hésitez pas à compléter et à partager.

Notre rapport au monde

En travaillant en co-conseil, nous modifions notre rapport au monde. Nous appelons le monde « monde généreux ». Nous cultivons l’idée que le monde est bon et recèle tout ce dont nous avons besoin. Nous travaillons activement à le rendre meilleur. Nous apprenons à ne pas rejeter la faute sur « le monde », à nous réjouir de ce qui est, à travailler sur nous pour trouver le moyen de faire advenir ce qui n’est pas.

Nous faisons cela  de plusieurs façons:

  • en étudiant la théorie du « monde généreux »,
  • en travaillant en session sur les croyances et les limitations émotionnelles qui nous empêchent de voir la beauté du monde,
  • en soulignant ce qui est bien, en faisant des sessions de satisfaction pour célébrer nos réussites, en faisant des tours de « nouveau et bon » qui nous permettent d’investir positivement ce qui est bien, de ne noter, de nous en rappeler, de le partager

Notre rapport à nous-mêmes

Le co-conseil nous apprend à nous considérer avec humilité (et donc à ne pas avoir honte du chemin qui reste à faire) et avec fierté  ( et à nous réjouir du chemin parcouru).

Nous réhabilitons tous nos sentiments et toutes nos expressions émotionnelles. Les pleurs, le rire, la colère, sont réintégrés dans notre boite à outil. L’amour, l’amitié, le bonheur, la fierté, sont légitimisés. La peur, la honte, le désespoir, la haine, trouvent une place juste où s’exprimer, et où se transformer.

Nous développons notre bienveillance vis-à-vis de nos petites imperfections et aussi de nos ÉNORMES défauts ;-). Nous devenons capables de les inclure dans un tout plus grand, qui les rend inoffensifs. Nous apprenons à les faire venir pour les travailler dans le temps de session où nous sommes écoutés, et à les mettre au second plan lorsque nous sommes écoutants.

Et nous voyons tout le bien que nous sommes capables de faire à nous-mêmes et aux autres, ce qui nous renforce énormément. Nous apprenons à prendre des risques devant un groupe, et à en être récompensés.

Au cours des tours d’estimation, nous apprenons à donner et à recevoir des compliments.

Notre rapport aux autres

En apprivoisant le monde des émotions, nous devenons de plus en plus capable de comprendre les autres. Nous n’avons plus peur de leurs émotions. Nous apprenons que leurs émotions leur appartiennent, et nous devenons capables de les écouter sans nous laisser impressionner, sans juger l’autre, sans le subir non plus.

Nous pouvons choisir de « donner du temps unilatéralement » à quelqu’un qui n’est pas conseiller et qui a besoin de s’épancher, et nous savons le faire, et nous sommes conscients de la valeur de ce que nous offrons. Nous sommes également capable de refuser de donner ce temps. Il est possible de « cadrer » ce don de temps en disant quelque chose comme:  » Je vois que tu es super énervé, je ne peux pas prendre parti car je n’ai pas de vision globale, mais je suis 100% de ton côté car je suis ton ami, vas-y lâche tout ce que tu as sur le cœur. « 

Nous pouvons ainsi mieux écouter nos proches, nos enfants, nos amis, ou toute personne à qui nous voulons faire du bien. Nous devenons également capable d’identifier les gens qui savent écouter et ceux qui ne le savent pas, nous savons auprès de qui nous épancher. Car il existe évidemment de très bonnes oreilles et de très bonnes épaules en dehors du coconseil!

Nous pouvons adopter quelques techniques au quotidien, partager des « nouveau et bon » avec nos amis pour avoir des échanges constructifs avec eux et les rattacher au « monde généreux », leur demander ce qui dans leur vie est « nouveau et bon ».
Il est également intéressant de s’habituer à considérer les qualités des autres, et cela peut prendre la forme d’un jeu: cite-moi trois choses que tu apprécies chez telle personne.

D’une façon générale, on devient capable de moins juger, de moins haïr, de plus aimer, de plus relativiser.
On a moins besoin de diriger et plus envie d’accompagner. On éprouve des réactions émotionnelles en rapport avec le présent et on leur fait confiance.

Les co-conseillers travaillent d’une façon intense, changent, et par conséquent, leur vie change nécessairement,  et de cette façon le co-conseil transparait dans le monde réel. Leurs proches sentent ce changement.

Si on souhaite adopter une attitude active dans l’utilisation du co-conseil au quotidien, on peut:  raconter et faire raconter des « nouveau et bon », parler des qualités des autres, faire et se faire des compliments, noter quand les autres « prennent du temps » en utilisant notre écoute et accepter ou refuser de leur prêter oreille, offrir une écoute cadrée ou non à nos proches, accepter leurs sentiments et leur montrer ainsi qu’ils peuvent faire de même.

Tu n’es pas mon ami! L’interdit de la socialisation en co-conseil

La « non socialisation » est l’un des principes fondamentaux du co-conseil.
Elle signifie que les personnes rencontrées dans le cadre du co-conseil doivent rester exclusivement des partenaires de co-conseil. En conséquence, il est interdit de créer des partenariats économiques, des relations d’affaires ou professionnelles, des relations amicales et des relations romantiques avec des personnes rencontrées dans le groupes de travail du co-conseil.

La raison en est simple: Le co-conseil est un outil de décharge puissant, qui fait énormément de bien, il est donc normal d’éprouver une grande reconnaissance envers ses partenaires. La relation établie est très forte. Il est donc tentant de vouloir transposer cette relation dans la « vie réelle » où « personne d’autre ne me comprend » ou « ne me comprend aussi bien ».
Le problème est que cette transposition n’est pas possible, et que tenter cette transposition peut s’avérer très préjudiciable pour ceux qui la tentent comme pour leur groupe.

Pourquoi cela n’est pas transposable?
La première raison est que penser que c’est transposable est en soi un problème.
Un commercial va établir une bonne relation émotionnelle avec ses clients potentiels pour qu’ils achètent ses produits. Quand nous rencontrons un vendeur, nous savons qu’il est intéressé, et de quelle façon.
Au contraire, quand nous créons une relation d’entre-aide émotionnelle, nous avons besoin d’être en sécurité. Il est essentiel que la personne avec laquelle nous travaillons soit « pure » de tout intérêt personnel. Si notre partenaire de co-conseil s’imagine qu’il peut tirer profit de la relation, tout risque d’être biaisé, et si nous pensons nous-mêmes tirer profit de la relation, nous ne pourrons pas bien travailler en tant que clients, et notre écoute sera biaisée en tant qu’écoutant. Si j’imagine que l’autre pourrait devenir un partenaire commercial, amical ou amoureux, je vais orienter la relation vers ces objectifs, et le principe même de la session sera mis en cause. En effet, le seul but de la session est de permettre la décharge du client (et de laisser la réévaluation suivre naturellement). Le principe de non-socialisation nous ôte tout espoir d’utiliser l’autre dans la vie extérieure, et nous garanti donc contre toute tentative de manipulation des autres vers nous ou de nous vers les autres.

Ainsi, transposer une relation de co-conseil en socialisation classique est interdit, car c’est en soi un obstacle à la poursuite de la relation de co-conseil, et parce que la perspective même de la transposition bloque le processus du co-conseil. Peut-on imaginer travailler sérieusement en se demandant si son conseiller nous trouve sexy ou s’il préfère une autre personne du groupe?

Cette règle est d’autant plus indispensable que l’émotion circule très fort dans le groupe. En effet, en co-conseil, tout le monde est rapidement amoureux de tout le monde. Nous sommes si peu entendus en général, qu’être écouté produit sur nous un effet très puissant. L’intensité du travail nous emplit de gratitude envers ceux qui nous permettent de décharger et de prendre de nouveaux tournants dans notre vie. Leur acceptation inconditionnelle nous fait un bien fou.

C’est totalement normal, c’est merveilleux, et pour en profiter au maximum, il faut surtout préserver le cadre. Il faut garder à l’esprit que c’est ce cadre qui est à l’origine du sentiment amoureux, et qu’en détruisant le cadre, on détruira également ce sentiment.

Par ailleurs, il va de soi qu’un bon conseiller qui me permet d’avancer dans ma vie n’est par forcément le partenaire qu’il me faut, c’est même très peu probable.

L’intensité du coup de foudre qui nous frappe en co-conseil est proportionnel à notre travail émotionnel, pas à une adéquation dans la vie réelle. En principe, on apprend au cours des séances à travailler avec tout le monde, on est donc potentiellement « amoureux » de tout le monde, si on commence à mettre cela en acte, le résultat est désastreux, très vite le groupe lui-même disparaît, et le cadre de travail émotionnel est détruit.

Le « passage à l’acte » du sentiment d’amour en co-conseil est un piège pour une autre raison. Le principe du co-conseil est que le monde regorge de ressources, et que nous avons la capacité de les utiliser, c’est le principe du « monde généreux ». Donc, le monde est plein de personnes en recherche d’amour et d’amitié, et en travaillant ma relation au monde et à moi-même, j’y aurai accès de façon certaine. En faisant le travail adéquat, j’aurai accès à toutes les ressources bonnes pour moi dans le « monde généreux ». Si j’ai peur que cela ne se produise pas, je travaille cela en session, je pleure, j’enrage, je me révolte contre ma solitude dans les sessions, pour me permettre de décharger ce sentiments et de trouver ensuite des moyens de nourrir mon besoin de chaleur et de proximité.

Si au contraire je me mets dans un état d’esprit où je crois qu’un partenaire de co-conseil est  » la seule personne qui puisse vraiment me comprendre « , je nie le principe du « monde généreux », de l’abondance du monde, je ne fais pas le travail adéquat, je ne mets pas à ma portée la possibilité de profiter de l’amour et de l’amitié qui existent en abondance dans le monde réel. J’essaie de trouver un remède dans le petit monde du co-conseil, en le détournant de son usage normal. Je mets en péril ma place dans le travail émotionnel, et je risque de tout perdre à la fois.
En effet, le sentiment amoureux du co-conseil est lié au caractère inconditionnel de l’amour qu’on y met en œuvre et dans le monde généreux, il est normal qu’il y ait des conflits et des frictions, les partenaires ne veulent pas toujours la même chose au même moment. Si je ne sais pas gérer cela, le travail émotionnel m’aidera à trouver de meilleures façons de fonctionner. Et pour cela, je dois préserver mon cadre de travail.

En session, l’autre se met entièrement à mon service, mais dans la vie, nous « négocions » entre notre amour pour l’autre et notre désir d’être bons pour nous-même. Le co-conseiller qui m’écoute à 100% une heure par semaine sans me juger n’est pas forcément d’accord avec ce que je dis, n’aime pas les mêmes films, a peut-être des points sensibles qui rentreront en résonance avec les mieux dans le monde réel. Le risque de déception est énorme, et la blessure sera d’autant plus douloureuse que le sentiment initial était puissant.

Ainsi, il est interdit de « socialiser » car:

  • chercher la socialisation entâche le travail émotionnel
  • socialiser avec les partenaires de co-conseil, c’est fuir le travail que nous avons à faire pour profiter du « monde généreux »
  • le sentiment amoureux omniprésent dans le co-conseil n’a pas de signification dans la vie quotidienne

Que faire alors?

  • accepter ce principe
  • accepter l’amour qui circule en co-conseil, car cela nous nourrit aussi et nous évite d’être totalement dépendants d’une seule source d’amour
  • ne JAMAIS agir cet amour par des passages à l’acte amicaux, amoureux ou business
  • travailler en session les sentiments qui y sont liés (on peut faire des sessions sur les thèmes suivants: je suis fou amoureux d’untel, je ne trouverai jamais l’amour, personne ne me comprend, qui m’aime dans la vie réelle?, qui j’aime dans la vie réelle?, qui je déteste dans la vie réelle?, quand dans ma vie j’ai reçu de l’amour? Quand dans ma vie j’ai manqué d’amour? Quel est mon idéal d’ami? Quel est mon idéal de partenaire amoureux?, etc…)
  • travailler en sessions les sentiments qui existent et qui posent problèmes dans nos relations avec nos amis, amoureux, prétendants, boss, employés, etc pour améliorer notre relation aux autres et notre relation au monde généreux.

Voilà, et pour conclure, je nous souhaite surtout beaucoup d’amour de toute sorte, en mode co-conseil comme en mode « monde généreux », sans mélange des genres!