Séance 1 / Ecoute Mutuelle Bruxelles

Voici les notions que nous avons abordées au cours de cette première rencontre.

Pour des raisons pratiques, cette séance était à la fois une séance d’introduction et un cours. Du matériel théorique et des entretiens personnels ont permis aux participants de se préparer.

Documents distribués à télécharger:

  1. Compétences Co-conseil cours des fondamentaux (doc) ou PDF
  2. Plan d’une session, règles fondamentales et confidentialité
  3. Une définition du CCI

Pour info, le document 1 est extrait d’un très intéressant manuel ce Coconseil que vous pouvez consulter en ligne: Le manuel de Celia Wilson et John Talbut

Je vous redonne ici le contexte ainsi que leur définition en co-conseil.

On pourrait définir trois niveaux d’intégration des notions: 1 – si vous avez compris en théorie, 2 – si vous savez l’appliquer en tant qu’Ecouté ou de façon passive, 3 – si vous savez l’appliquer en tant qu’Ecoutant ou en tant qu’enseignant.

Les participants sont invités à reprendre les notions et à s’auto-évaluer sur les notions en mettant 1, 2 ou 3, et à poser leurs questions, de façon à valider cette rencontre comme premier cours du cursus.

Les types de travail:

Théorie: Les temps de théorie sont des moments d’exposés des principes du co-conseil. Nous en avons eu plusieurs.

Mini-session: Nous avons fait une mini-session de 5 minutes par personne.

Cercle: Nous avons travaillé en cercle, et utilisé une technique où l’Ecouté s’adresse à chacun.e à tour de rôle.

Démonstration: Nous avons fait une courte Démonstration de 15 minutes, suivie d’une valorisation et d’un dialogue sur les techniques utilisées.

Les éléments du travail à deux ou en groupe:

Règles de bases, la confidentialité: Nous avons évoqué le principe de confidentialité et son fondement logique: le statut particulier de la parole en conconseil, le fait qu’on parle pour travailler et non pas pour transmettre une information.

Les contrats: Nous avons mentionné les trois contrats possibles: écoute sans intervention, écoute avec quelques suggestions, écoute directive. Chacun a expérimenté une mini-session en contrat sans interventions, ainsi qu’une écoute plus ou moins dirigée de ma part dans les Cercles et dans la Démonstration.

Thématiques des sessions: Nous avons eu des sessions thématiques diverses.

Le droit de dire « non »: A été affirmé à travers la liberté de se saisir ou non des thématiques proposées, et de la liberté ou non de poursuivre ce temps de formation.

La restimulation en tant qu’Ecoutant a été évoquée à travers le fait d’écarter les interférences en tant que conseiller et le droit de quitter le groupe pour une mini session avec l’assistant.e si nécessaire.

Ce qui me préoccupe le plus : C’est une thématique de session possible. Il s’agit de travailler sur ce qui est au sommet de nos préoccupations à un moment donné. Certains ont utilisé le temps du cercle de cette façon.

L’Ecouté est responsable: Ses sentiments et son temps lui appartiennent. Il prend la responsabilité du travail.

Commencer et finir une session / Délimitation du temps : Nous avons parlé de l’importance de délimiter la session pour la détacher de la « vie réelle », de l’ouverture avec un travail de rattachement à ce qu’il y a de bon dans os vies (nouveau et bon), la la délimitation du temps avec un minuteur, de la conclusion avec un retour au temps présent.

L’équilibre de l’attention: Nous avons évoqué à plusieurs reprises l’importance d’avoir conscience à la fois de la détresse et de la sécurité, à la fois du traumatisme et de la confiance dans le fait qu’on peut le surmonter, équilibre qu’il appartient à l’Ecouté et à l’Ecoutant de protéger ensemble.

Renforcer l’équilibre de l’attention en renforçant la sécurité:

Validation: Nous avons fait un tour de validation de la personne écoutée pendant la Démonstration. Cet exercice est important car il permet à ceux qui ont écouté de s’appliquer à voir ce qui est positif chez les autres, qu’il permet à celui qui a travaillé de retrouver un équilibre après une prise de risque de de s’habituer à recevoir des compliments, à ceux qui se lanceront les prochaines fois de se sentir en sécurité.

L’acceptation sans jugement: a été expliquée et travaillée dans l’un des Cercles.

La « bonne réalité »: Nous avons évoqué l’axiome selon lequel la réalité nous permet la réalisation de nos projets par principe, que dans la vie courante nous pouvons être sans cesse en bonne condition pour prendre les meilleures décisions et agir rationnellement de la façon qui nous convient en en prenant la responsabilité. Nous avons parlé des débuts de rencontre avec un « nouveau et bon ».

Nouveau et Bon: Cercle dans lequel chacun partage une chose nouvelle dans sa vie, qui lui apporte du bonheur et de la satisfaction.

Renforcer l’équilibre en soutenant le lien avec la « détresse »:

Répétition: Le fait de répéter des mots pour se familiariser, pour voir combien on peut y adhérer ou combien on veut s’en démarquer, pour renforcer le travail émotionnel. Nous l’avons constaté en tant que groupe comme une « direction » que j’ai proposée à la personne qui a travaillé au cours de la Démonstration, et également dans le cercle avec certains des participants.

Jeu de rôle: Le fait d’attribuer un rôle à l’Ecoutant pour travailler une situation, essayer des paroles que l’on n’oserait pas forcément en réalité, s’autoriser à les rendre plus extrêmes en session pour travailler l’impact émotionnel, les peurs ou les résistances qu’elles suscitent en nous, s’en libérer et adopter finalement une attitude appropriée en fonction de nos nouvelles ressources.

Structure du CCI et vision humaniste:

La parité/ Le CCI: Nous avons évoqué la parité et l’auto-gestion en conconseil, et parlé des différents groupes au niveau international et de leur organisation.

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La session d’Ecoute Mutuelle , pivot du travail d’Ecoute Thérapeutique

La notion de session est fondamentale.

Le Co-Conseil considère que le monde est intrinsèquement bon, que les êtres humains sont naturellement bons, que nous avons la volonté et la capacité de faire le bien dans le monde pour nous-mêmes et pour les autres.

Au cours de la vie, il arrive que nous soyons blessés et que pour diverses raisons, la cicatrisation ne puisse pas se faire naturellement. Souvent, notre éducation nous a appris à réprimer des processus de guérisons qui n’étaient pas acceptés socialement, et nous nous retrouvons de plus en plus blessés et impuissants.

Lorsque cela se produit, nous ne sommes plus en mesure de nous connecter émotionnellement au fait que le monde est bon, que les êtres humains sont bons, que nous avons la capacité de faire le bien dans le monde pour nous-mêmes et pour les autres.

La session est le lieu sécurisé d’expression des sentiments qui permet d’exprimer tout ce qui fait obstacle à notre sentiment de bonheur et de pouvoir du bien.

Le co-conseil considère que ce n’est jamais notre vrai « moi » qui est dans cet état.

La session est un temps hors du temps, un moment délimité, un lieu où les détresses de notre personne peuvent s’exprimer en liberté, où nous pouvons ensemble les embrasser (les prendre dans les bras, les inclure, les englober, les accueillir) et les aider à grandir.

Dans l’espace de la session, rien n’est « réel ». Ni les incompétences dont je m’accuse, ni l’impuissance que je ressens, ni les sentiments horribles que je réprime, ni les bons sentiments que je cultive artificiellement, rien de tout ceci n’est moi. Toutes ces choses sont « vraies », car se sont de vrais sentiments, mais ne sont pas « réelles », car elles n’existent pas en tant que telles dans la réalité (sauf si nous les y invitons). En session, ces éléments s’expriment librement sans que cela n’implique mon engagement humain et éthique.

La délimitation rigoureuse du temps de la session est donc fondamentale. C’est cette délimitation qui nous permet d’exprimer le « pire » de nous-même, quel qu’il soit. Exprimer notre « pire » face à un autre être humain nous permet de l’humaniser, de quitter le sentiment de honte, d’autoriser les émotions à travailler, exprimer notre « pire » est un acte de courage et de responsabilité. Le cadre de la session nous permet d’exprimer notre « pire » sans nous identifier à lui. Nous, nous sommes des êtres humains en chemin, en vie, qui travaillent au meilleur, notre pire est une part de nous blessée, légitime, que nous sommes en mesure de réconforter et de laisser grandir.

C’est pour cela que nous pouvons nous autoriser en session, toutes les paroles et tous les actes favorables à la libération et au mouvement émotionnel. Les émotions libérées pourront trouver d’autres formes et d’autres positionnements.

Dans le respect des « les pages bleues » (code déontologique court mais important) du co-conseil, et du contrat de l’Écouté et de l’Écoutant, tout est permis en session, sous la responsabilité de l’Écoutant en tant que facilitateur et protecteur bienveillant et sous la responsabilité de l’Écouté en tant qu’expert de l’intensité de son travail intérieur.

La session est donc ce monde merveilleux où nous pouvons être fiers d’exprimer le pire de nous-mêmes pour que ses forces libérées puissent être mise au service de ce que nous avons de meilleur en nous.