CNV 2 : Mes sentiments, c’est ma responsabilité exclusive

La Communication Non Violente n’est pas une technique mais une approche de la vie.
Le deuxième principe est celui de la responsabilité de chacun vis-à-vis de ce qu’il éprouve.
Il s’agit là d’un principe qui semble très exigeant, mais qui est aussi très libérateur!
En effet, en toutes circonstantes, JE suis le seul responsable de mes sentiments.

Lorsque ma fille était bébé, il m’est arrivé (de nombreuses fois) de changer ses couches. Je me souviens du jour où à cette occasion, elle m’a donné un grand coup de pied dans le ventre. Intérieurement, je me suis sentie agressée, je ne voulais pas subir cela alors que je me préoccupais héroïquement de ses besoins les moins appétissants!

Heureusement, très rapidement, mon sentiment intérieur s’est réorienté. Elle ne n’avait pas agressé sa mère bienveillante, elle avait gigoté comme le font les petits! (C’était évident, je sais, mais on ne dort pas beaucoup les premiers temps 🙂 ) Bien sûr, j’ai pris mes précautions pour éviter que ses gigotements ne puissent plus me faire de mal.
C’était ma responsabilité de mère, d’organiser les activités de ma fille d’une façon qui me permette de participer à sa joie!

De la même façon, si nous sommes bien structurés à l’intérieur, les gigotements mentaux ou physiques des adultes comme ceux des enfants restent sans conséquences, au moins sur le plan émotionnel.
Personne ne peut décider à ma place de l’effet émotionnel qu’auront ses actes sur moi.
Je peux me faire insulter et éprouver de la honte ou de la gène, de l’agressivité ou de la peur, ou au contraire ressentir de la fierté considérant que je ne me laisse pas impressionner, ou l’envie de rire si je suis sensible au ridicule de ce comportement.

Rien de tout cela n’est lié au comportement de l’autre par un lien causal direct et nécessaire.

Les conséquences matérielles au contraire doivent être clairement identifiées.
Celui qui a jeté mon stylo par terre ne doit pas assumer les conséquences de la crise de nerfs que j’ai piqué après, mais par contre il doit certainement réparer ou remplacer le stylo abîmé.

Je ne dis pas que c’est toujours aussi facile. Mais en fait, ce n’est jamais vraiment plus compliqué.
Cela demande juste un travail en profondeur de tous les instants, c’est tout :-).

Comment faire ce travail? La CNV propose de le faire à travers la recherche des besoins qui en sont l’origine.
D’autres méthodes, comme l’Ecoute-Thérapeutique (Co-conseil) ou l’Accompagnement Transitionnel proposent des outils efficaces et complémentaires.Il y en a de nombreux autres, et en fin de compte, à chacun de trouver ce qui lui convient le mieux.

La mauvaise nouvelle, c’est qu’on ne peut plus vraiment jouer les victimes en pleurant sur le thème « regarde ce qu’il m’a fait », la bonne nouvelle, c’est qu’on peut se protéger en laissant aux autres leur responsabilité mais en assumant les nôtres, c’est à dire en travaillant notre structure émotionnelle.

Voilà le deuxième grand principe. Là, je crois qu’on est bons pour passer à un peu de pratique!

————-

Bien sûr, à ce stade, cela peut sembler assez théorique.
Comment gérer nos sentiments?
Et vous, arrivez-vous à prendre la responsabilité de vos émotions?
Quand est-ce facile? Quand est-ce compliqué?

Partagez vos réflexions (et vos sentiments!) dans les commentaires et allez faire un tour sur Apprentie Girafe, un blog bien sympathique et bien illustré…

Publicités

CNV 1: Rendre la vie plus belle pour tous

Avant de mettre en place les techniques de la Communication Non Violente, il faut travailler un peu sur les principes de cette méthode qui est en fait une vision du monde.

Le premier principe, mis en avant par Marshall Rosenberg, est de se consacrer uniquement à un seul jeu: rendre la vie plus belle pour tous. L’égo, les contraintes « techniques », les « vérités » doivent rester en retrait.

Lorsque je jouais au ping-pong en famille, le but était de garder la balle sur la table en faisant les plus beaux coups possibles, sans mettre l’autre (trop) en difficulté. Ce jeu s’appelait « rendre la vie plus belle« .

La première fois où j’ai participé à un tournoi, je me suis faite éliminer au premier tour, par quelqu’un qui jouait nettement moins bien que moi. Je relançais les balles « faute » au lieu de les laisser tomber. Je poursuivais la partie au lieu de gagner le point. Cela a été mon premier et mon dernier tournoi!

Pour Marshall Rosenberg, nous sommes tous naturellement enclins à jouer ce jeu merveilleux, à vouloir « rendre la vie plus belle« . Mais nous apprenons très vite à rentrer dans la compétition, comme si ne pas vaincre, c’était forcément « être vaincu ». Soit on est le premier de sa classe, soit c’est quelqu’un d’autre.

Jouer à « je vais gagner et tu vas perdre » ou à sa variante « j’ai raison et tu as tort« , est le contraire du jeu qui nous intéresse. Ces jeux impliquent de la violence et de la domination. Ils impliquent d’essayer de mettre fin à la partie en poussant l’autre à la faute.

Leurs versions « généreuses » ne valent pas vraiment mieux. « Je sais ce qui est bien et je vais l’imposer à tous » ou « Voici l’objectif que nous allons atteindre » impliquent une mise au second plan de nos partenaires.

Mais comment s’en sortir dans un monde où la compétition est la règle et où la collaboration est trop souvent l’exception? La Communication Non Violente propose des outils pour jouer uniquement le jeu de la « vie plus belle » sans pour autant être considéré comme « celui qui perd la partie ». Nous aurons l’occasion d’en parler davantage par la suite.

En attendant, retenons que:

Le premier prérequis de la communication non violente est que la « vérité » n’existe pas et que l’ « objectif » peut-être redéfini, car ce qui passe au premier plan, c’est la relation, c’est le fait de garder la balle sur la table, c’est de poursuivre la partie de la façon la plus amusante et la plus instructive, de « faire la vie plus belle ».

———–

Voilà le premier grand principe de la CNV.

Il est doux et agréable. Vous semble-t-il trop idéaliste? Est-il difficile à mettre en pratique? Quels sont les jeux auxquels nous sommes habitués?

Pour ma part, j’écris cet article à point nommé pour pouvoir m’en inspirer dans une situation personnelle un peu délicate… Mais en même temps, c’est mon goût du défi, ma volonté de m’améliorer et la fidélité à mes principes qui sont en jeu…

Alors en avant! Partagez votre façon de mettre en oeuvre ce principe dans les commentaires.

Pour en savoir plus, visitez le site de Communication Non Violente Europe (en français).