La session d’Ecoute Mutuelle , pivot du travail d’Ecoute Thérapeutique

La notion de session est fondamentale.

Le Co-Conseil considère que le monde est intrinsèquement bon, que les êtres humains sont naturellement bons, que nous avons la volonté et la capacité de faire le bien dans le monde pour nous-mêmes et pour les autres.

Au cours de la vie, il arrive que nous soyons blessés et que pour diverses raisons, la cicatrisation ne puisse pas se faire naturellement. Souvent, notre éducation nous a appris à réprimer des processus de guérisons qui n’étaient pas acceptés socialement, et nous nous retrouvons de plus en plus blessés et impuissants.

Lorsque cela se produit, nous ne sommes plus en mesure de nous connecter émotionnellement au fait que le monde est bon, que les êtres humains sont bons, que nous avons la capacité de faire le bien dans le monde pour nous-mêmes et pour les autres.

La session est le lieu sécurisé d’expression des sentiments qui permet d’exprimer tout ce qui fait obstacle à notre sentiment de bonheur et de pouvoir du bien.

Le co-conseil considère que ce n’est jamais notre vrai « moi » qui est dans cet état.

La session est un temps hors du temps, un moment délimité, un lieu où les détresses de notre personne peuvent s’exprimer en liberté, où nous pouvons ensemble les embrasser (les prendre dans les bras, les inclure, les englober, les accueillir) et les aider à grandir.

Dans l’espace de la session, rien n’est « réel ». Ni les incompétences dont je m’accuse, ni l’impuissance que je ressens, ni les sentiments horribles que je réprime, ni les bons sentiments que je cultive artificiellement, rien de tout ceci n’est moi. Toutes ces choses sont « vraies », car se sont de vrais sentiments, mais ne sont pas « réelles », car elles n’existent pas en tant que telles dans la réalité (sauf si nous les y invitons). En session, ces éléments s’expriment librement sans que cela n’implique mon engagement humain et éthique.

La délimitation rigoureuse du temps de la session est donc fondamentale. C’est cette délimitation qui nous permet d’exprimer le « pire » de nous-même, quel qu’il soit. Exprimer notre « pire » face à un autre être humain nous permet de l’humaniser, de quitter le sentiment de honte, d’autoriser les émotions à travailler, exprimer notre « pire » est un acte de courage et de responsabilité. Le cadre de la session nous permet d’exprimer notre « pire » sans nous identifier à lui. Nous, nous sommes des êtres humains en chemin, en vie, qui travaillent au meilleur, notre pire est une part de nous blessée, légitime, que nous sommes en mesure de réconforter et de laisser grandir.

C’est pour cela que nous pouvons nous autoriser en session, toutes les paroles et tous les actes favorables à la libération et au mouvement émotionnel. Les émotions libérées pourront trouver d’autres formes et d’autres positionnements.

Dans le respect des « les pages bleues » (code déontologique court mais important) du co-conseil, et du contrat de l’Écouté et de l’Écoutant, tout est permis en session, sous la responsabilité de l’Écoutant en tant que facilitateur et protecteur bienveillant et sous la responsabilité de l’Écouté en tant qu’expert de l’intensité de son travail intérieur.

La session est donc ce monde merveilleux où nous pouvons être fiers d’exprimer le pire de nous-mêmes pour que ses forces libérées puissent être mise au service de ce que nous avons de meilleur en nous.

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